L’année des trois saisons

La porte poussée sur ce petit café de quartier

Arriver des brumes après l’été violenté

La découverte d’un petit monde connecté 

La danse pour tout changer

La parfum d’automne du cidre partagé  

Les tempéraments des êtres opposés

L’oiseau libre et le loup à apprivoiser

La rencontre des improbables fermentée

La plaza aura brillé pendant trois saisons

Un autre Montréal après les montagnes et ses cloisons

S’accouder aux comptoirs des bars à s’inventer d’autres facettes

Les lignes du désir tracées dans la neige imparfaite

La danse improvisée sous la foule enflammée

La trame de Caravan Palace projetée  

Les corps en symbiose et le jeu calculé

L’âme exhibée par le feu inné

 

La découverte d’un autre moi à qui j’ai donné voix 

De mon être serein et affirmé qu’aurai-je laissé derrière moi

Plonger dans les piscines de minuit 

Les visages découpés sous les lumières de la petite patrie

 

Les comptoirs à s’asseoir sans hésiter

Les mots inventés et conjugués aux personnalités 

Le détour pour des chaussures oubliées 

Errer Beaubien à soupirer aux feux rouges brûlés

 

Les soirées décorées par la bouteille de blanc

Les éclats dans les désaccords tremblants

Les mots pour pallier aux maux 

Une conclusion toujours mûre

 

Flâner les artères à parler de densité  

Déjouer la géopolitique d’une petite communauté

Le sourire complice des stratèges amusés 

La lecture de l’âme sans parler

 

Un hiver dans les grands froids à s’y réchauffer

La ville tapissée de blanc pour hiverner 

La lenteur du temps à s’en envelopper 

Sous les tempêtes le coeur aura parfois trébuché

Le printemps comme mon grand mal-aimé

Ses rayons violents pour nous tirailler 

Le rappel d’une zone grise à m’en épuiser  

Une troisième saison vite arrivée

 

La faille pour les âmes encore enserrées

Les souvenirs brûlés par l’abrazo échauffé

Le loup changé et l’oiseau envolé

Laisser à l’hiver la mémoire pour nous bercer 

Crédit photo: Nicolas Paquet

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