Derrière les mots

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Je n’ai jamais le syndrome de la page blanche.

À une exception près. Et c’est de commencer le premier article d’un blogue. Oui, même après une série de blogues, le premier billet demeure toujours l’introduction, la naissance d’une nouvelle moi si on peut dire. Je retrouve les mots où je les avais laissés sur un blogue précédent. Entre les billets de voyages et d’aventures, les passages plus personnels, les quelques fois où je redeviens plus poétique et évasive, j’apprends à faire le deuil d’un talent que je n’aurai pas assez développé: écrire un blogue d’humour…désolé!

Je demeure hésitante d’introduire ma personne, car je suis un peu coincée entre ceux qui me lisent depuis fort longtemps et les nouveaux qui me découvrent. En dehors du monde virtuel, je ne suis pas forcément celle qui parle le plus et je prends peu d’espace. J’ai le mien que j’occupe et qui me suffit. J’observe et j’absorbe en silence. Ma tête prend beaucoup d’émotions et ne divulgue souvent pas tout. Ça m’a toujours semblé plus naturel d’écrire mes ravages et mes contentements plutôt que d’en parler à voix haute. C’est tout autant thérapeutique. Je continue d’écrire pour me libérer de ces périodes où les pensées fusent de partout et qu’il y a un trop-plein que je ne peux plus prendre. Je ne pense pas à la réception de mes écrits. C’est toujours une surprise de constater que certains arrivent à s’y identifier.

Tout est une inspiration continue; les dimanches blues, la maison d’enfance, CETTE chanson, l’odeur de l’automne…je suis une grande nostalgique, une rêveuse, une coquette, une sensible. Ma mère dirait aussi que j’ai une mémoire phénoménale, et c’est un privilège qui persiste. J’encastre énormément de souvenirs depuis un très jeune âge, même les plus grandes banalités. Même les gens qui se croient « ordinaires » laissent souvent derrière eux une inspiration invisible pour les autres.

Sans artifices, c’est l’émotion brute derrière les silences. C’est parfois le coeur à l’envers, parfois redressé, mais qui parle avec instinct. Sans artifices, c’est aussi d’être fidèle à la vérité de ses opinions et biffer la peur d’être incomprise. Sans artifices, un peu lorsque je me démaquille le soir et j’enlève tous mes fards: je me retrouve dénudée d’artifices, la petite moi qui se promène en gros joggings et en robe de chambre.

Sans artifices, finalement, ça veut pas dire d’être banale, c’est plutôt un résultat de contemplations, d’expériences et d’expression. Ce nouveau blogue sera à cette image.

-M!