L’autre saison


L’été, ou la saison laissée à soi

Le son des vélos qui tranchent les virages

Pendant que tout Montréal s’électrifie

Et que s’éveillent les junkies d’endorphine

Une saison à relever mes cheveux d’épice

À fuir l’appartement et ses grands silences

Ceux qui ramènent au vertige

D’être toujours un peu en errance


Sortir d’un hivernage et d’un coeur branché au respirateur artificiel

En alerte pour la prochaine bombe lancée

À se demander ce qui aurait pu être fait de plus

Ou les espoirs qu’il aurait fallu retenir

Le grand voyage durant la crise

Les croisades éphémères et séduisantes

Arrive la fin du périple

Et la réalité du retour chez soi, à soi

Quatre années à jongler avec des tempêtes

Monter sur scène pour cueillir les efforts d’une vie

Réécrire un parcours brisé

La bataille du loup devenu lion

La nostalgie de la Petite-Patrie quand le repère n’est plus

Une autre ligne du désir tracée dans un soir

Celle apparue dans le détour, qui enlace le loup

Et l’échappe dans l’étreinte trop forte

Les lumières floutées de la Plaza

Par l’ivresse des grands noctambules

À crier des bouts de soi

La fin d’un été, où, légère, je deviens enfin

-M!

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